La réforme de la taxe sur les véhicules de société (TVS) va modifier le regard que chacun portait jusqu’à présent sur les émissions de CO2. C’est en effet le gramme émis qui va faire référence pour calculer la taxe. Le moment est venu de ne plus rien ignorer de ce qui va devenir le sujet principal de tout gestionnaire de parc : combien de grammes de CO2 pour chacun de mes véhicules ?
Avec les conseils de Patrick Coroller Chef du Département Technologies des Transports de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), voici quelques orientations pour maîtriser ce sujet sensible.
Dioxyde de carbone : il est partout.
Le dioxyde de carbone ou CO2, est un gaz émis notamment lors de la combustion du pétrole. À teneur normale dans l'atmosphère, il permet à la Terre d’avoir une température compatible avec la vie, en piégeant la chaleur solaire : c’est l’effet de serre. Si les hommes produisent le gaz carbonique quand ils respirent, le problème, c’est que depuis la révolution industrielle, le gaz carbonique et d'autres gaz à effet de serre, rejetés notamment par les véhicules, provoquent un réchauffement rapide et important du climat. La forte augmentation des cyclones, ouragans, tempêtes, comme l’accélération de la fonte des neiges en sont les conséquences directes.
Le CO2 et les automobiles.
Pourquoi assiste-t-on à une telle augmentation des émissions de CO2 ? Tout simplement parce que le trafic des véhicules augmente en permanence. Mais il existe de multiples causes à l’intérieur même de la problématique véhicules.
Si 25 % de rendement a été gagné sur les moteurs depuis le 1er choc pétrolier du début des années 70, les contraintes de poids, de sécurité et de confort n’ont fait qu’accroître la masse des véhicules. D’où un renforcement de la puissance, du train, de la caisse du châssis etc. De ce fait, les gains se sont réduits.
Si 70 % des véhicules neufs vendus en 2004 sont des diesels (qui émettent 20 % de CO2 en moins que l’essence), seulement 5 % d’entre eux sont équipés de filtre à particules. Là, les polluants (oxyde d’azote et particules) sont différents mais pas moins nocifs pour l’environnement et la santé. Gageons sur les nouvelles normes Euro 5 qui obligeront les nouveaux véhicules diesel à être systématiquement équipés d’un filtre à particules.
Vecteur supplémentaire de surconsommation, la climatisation augmente de 5 % les rejets de CO2. Conjuguée aux fuites de gaz frigorigène (le R134 : 1 300 fois plus polluant que le CO2) que subissent la plupart des véhicules, ce sont 20 à 30 g supplémentaires de CO2 qui sont rejetés au kilomètre !
Les conseils et les chiffres de l’ADEME
Patrick Coroller, chef du département Technologies des Transports à l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) nous donne quelques pistes pour traquer le CO2 : « La solution pour réduire les émissions de CO2 tient notamment dans le comportement des conducteurs. Nos conseils sont simples et pragmatiques. Il suffit d’un peu de bon sens pour y parvenir sans grande difficulté. Et les chiffres le prouvent ! »
- Faire de bon choix à l’achat : désormais, trouver le taux d’émission de CO2 dans les caractéristiques techniques des véhicules sera certainement plus aisé.
- Réduire la vitesse de 10 km/h sur autoroute, voie rapide ou sur route permettrait de réduire de 15 % à 20 % les émissions de CO2 et de gagner 7 € sur un trajet de 500 km.
- Conduire calmement en ville permet de diminuer de 5 % la consommation de carburant par rapport à une conduite « normale. » Rappelons qu’une conduite agressive augmente la consommation en revanche de 40 % !
- Conduire en engageant rapidement le rapport de vitesses le plus élevé possible. Pour les Diesel, le régime maximum de changement de rapport est de 2 000 tours/mn (2 500 pour les véhicules essence).
- Gonfler correctement ses pneus : un sous-gonflage entraîne une résistance au roulement donc une surconsommation de carburant. Un gonflage approprié de tout le parc français permettrait d’économiser 1,45 Mt de CO2 par an.
Pour conclure, M. Coroller ajoute : « Avec quelques bonnes habitudes de ce type, chacun pourrait économiser jusqu’à 5 pleins par an par véhicule. Et ça, c’est un argument de taille pour un gestionnaire ! » |
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